Réponse de Denis BOUAD suite à l’instrumentalisation de la misère humaine

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Manipulation sur la misère humaine
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Lire l’article du Journal la Marseillaise

Monsieur le Maire de Nîmes,

Vous m’avez publiquement et par voie de presse (articles d’Objectif Gard du 22 mai, du Midi Libre et de la Marseillaise du 23 mai) mis en cause et vous avez pointé la soi-disant responsabilité d’Habitat du Gard dans la situation vécue par Madame Louise MALBOS au Mas de Mingue.

Vous avez sûrement été touché et indigné par la situation de cette personne qui vit effectivement dans des conditions abominables, qui me touchent et m’indignent tout autant que vous.

Je regrette que cette situation dramatique soit instrumentalisée par certains qui mettent en cause un bailleur qui joue pourtant un rôle très social, qui se bat au quotidien pour loger les plus démunis, pour aider ses locataires, et qui lutte contre les dégradations permanentes et volontaires de son patrimoine, notamment au Mas de Mingue.

Car ici, dans le cas présent, de quoi s’agit-il ?

Habitat du Gard n’a évidemment pas loué à cette personne un appartement dans l’état dans lequel vous l’avez vu. Si le logement est à ce point sale, insalubre, dégradé, c’est qu’il l’a été par ses occupants. Ce n’est pas nous, propriétaire du logement, qui avons bouché l’évier, cassé les sanitaires, sali les murs, arraché les fils ou les prises électriques. Le chauffage a par ailleurs été coupé pendant 2 ans parce que la personne n’a pas payé ses factures de gaz à GDF ce qui a fortement contribué à développer les moisissures. Nous sommes là face à une occupation et une utilisation pour le moins inappropriées du logement.

Un propriétaire privé aurait tout simplement porté plainte et demandé l’expulsion de la famille pour dégradation de son bien, car il y a pour plusieurs dizaines de milliers d’euros de travaux pour remettre en état cet appartement. Ce n’est pas ainsi que nous concevons notre mission. Nous avons au contraire cherché à aider cette famille. Je tiens à votre disposition tous les documents qui le prouvent. Vous trouverez ci-joint en pièces jointes quelques exemples d’échanges entre vos services et les nôtres.

Nous connaissons bien la situation de cette famille car c’est un dossier suivi par nos services depuis plusieurs années, en lien avec ceux de la DDTM et les vôtres : Service de l’Hygiène et Services sociaux de la Ville de Nîmes. Habitat du Gard a agi à son niveau avec ses moyens, ses prérogatives, et dans la limite de la réglementation.

Tout a été tenté, mais comment faire quand on est propriétaire et que la personne refuse que des travaux se fassent ? Nous ne pouvons pas violer son domicile ! Comment pourrions-nous agir alors qu’elle refuse l’idée d’une mutation ?

C’est aux services sociaux d’agir. Nous les avons maintes fois sollicités. Ils connaissent eux aussi bien le dossier.

Je refuse que nous portions le chapeau d’une situation contre laquelle nous ne pouvons agir directement et qui nuit aussi à Habitat du Gard. Car quand la personne partira, qui va payer pour remettre en état le logement ?

Loin des polémiques stériles, loin des instrumentalisations politiques j’en appelle une nouvelle fois à l’union sacrée de tous les acteurs institutionnels, mais aussi associatifs, pour que ces situations trouvent des solutions adaptées aux pathologies des personnes concernées.

Sur les autres sujets qui apparaissent dans les différents articles de presse, je voudrais rappeler quelques vérités à ceux qui ont organisé cette visite et qui mettent en cause systématiquement Habitat du Gard.

Qui dégrade ? Pourquoi lorsque nous refaisons les peintures des montées d’escaliers, nous retrouvons les peintures taguées le lendemain matin ? D’où viennent les tags ? Qui dépose dans les caves des encombrants ou des immondices plutôt que de les porter à la déchetterie ou à la poubelle ? Qui casse les vitres ou démolit nos toitures pour arracher les caméras de vidéo-surveillance ? Pourquoi les entreprises qui viennent faire des travaux d’amélioration sur le quartier doivent abandonner leurs chantiers parce qu’elles se font agresser ?

Est-ce vraiment la faute du bailleur qui commande les travaux ? Je ne le pense pas.

Habitat du Gard et l’immense majorité de ses locataires sont victimes des agissements de quelques individus dont le comportement est inacceptable et qui entretiennent sur le quartier un climat détestable.

Certes notre patrimoine est vieillissant au Mas de Mingue, fortement dégradé par le vandalisme, et le quartier a besoin d’une intervention massive des pouvoirs publics.

C’est la raison pour laquelle, je vous renouvelle une nouvelle fois ma volonté de travailler main dans la main avec la Ville de Nîmes et l’Agglomération Nîmes Métropoles à la définition d’un véritable programme de rénovation urbaine pour le quartier du Mas de Mingue, programme nécessaire, attendu par les habitants et que nous demandons pour notre part depuis 2004. Le Conseil général a déjà exprimé sa volonté d’agir en ce sens. Nous espérons que vous partagez cette volonté.

Je vous prie de croire, Monsieur le Maire, à l’expression de mes meilleures salutations.

Denis BOUAD, Président d’Habitat du Gard


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